Le refus de certains prêts par la Banque Laurentienne attire l'attention ce jeudi.
Selon ce qu'a appris l'émission d'affaires publiques Enquête, diffusée à Radio-Canada, la Banque Laurentienne se baserait sur certains codes postaux pour refuser les demandes de prêt concernant des véhicules récréatifs. En fait, les zones en question correspondraient à ceux qui se trouvent dans les réserves amérindiennes.
Selon ce qu'a appris l'équipe de reportage, la banque refuse depuis mars 2008 de faire crédit à tout individu vivant sur une réserve pour l'achat de ces véhicules. La banque a donc conçu une base de données contenant plus de 3000 codes postaux, soit ceux, sauf quelques exceptions, qui se trouvent sur une réserve indienne du Canada.
Lorsqu'une personne se présente pour un tel prêt, mais que son adresse correspond à un code postal situé sur une réserve, l'employé de la Banque Laurentienne doit refuser le dossier, en spécifiant que l'institution ne désert plus cette zone ou ce code postal. Un courriel interne de la banque spécifie même de ne jamais préciser que ce refus est lié au fait que la personne réside sur une réserve indienne.
Interrogé par la télévision d'État, le vice-président de la Banque Laurentienne, Luc Bernard, soutient que cette note est maladroite, mais qu'elle ne représente pas les politiques de crédit de l'institution. Il invoque le fait que des pertes ont été subies dans le secteur des véhicules récréatifs pour expliquer que ces zones sont maintenant sur une liste noire. Il n'a pas précisé le montant des pertes en question, ni expliqué pourquoi toutes les réserves indiennes se retrouvent sur cette base de données.
Rien n'indiquerait pour le moment que la Banque Laurentienne arrêtera d'utiliser cette base de données.
Source: Radio-Canada
par Olivier Caron
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