C'est le premier déplacement officiel d'un président américain en exercice dans cet État depuis John F. Kennedy, il y a 50 ans.
Dans une allocution en fin de matinée, par delà les 4 millions de Porto-Ricains qui vivent sur l'île, le président américain s'adressait aussi aux quelques 4,6 millions de Portoricains qui vivent aux États-Unis.
M. Obama a fait remarquer qu'en visitant ainsi l'île en tant que président, il tenait une promesse faite lors de sa campagne électorale de 2008. Il s'est ensuite rendu à la résidence officielle du gouverneur de Porto Rico dans la capitale San Juan, pour s'entretenir avec le gouverneur républicain, Luis Fortuno, qui milite pour que Porto Rico devienne un État américain comme les autres.
La situation juridique et diplomatique de Porto Rico est en effet particulière; Porto Rico est aujourd'hui un État libre associé aux États-Unis. Habitant un État libre, mais associé aux États-Unis. Ainsi, les Portoricains n'ont pas le droit de vote à l'élection présidentielle américaine, mais ils peuvent voter aux primaires démocrates pour désigner le candidat à cette élection. Ils élisent un seul représentant à la Chambre des représentants des États-Unis (mais aucun au Sénat où seuls les États américains sont représentés), mais ce dernier n'a pas droit de vote.
Par contre, leurs compatriotes établis aux États-Unis ont, eux, droit de vote à toutes les élections américaines et, dans les endroits comptant un fort contingent de Portoricains, comme New York ou les États de Floride et de Pennsylvanie, ils ont, avec les autres Latinos, un poids politique certain.
Sur la question du statut de leur état, les Portoricains se divisent entre partisans du statu quo, ceux qui souhaitent que leur état devienne un État américain comme les autres, et une minorité qui voudrait l'indépendance de Porto Rico pour préserver sa culture et son identité.
L'administration américaine soutient, elle, le principe d'un double référendum de la population sur le statut de l'île; un premier référendum pour déterminer si la population est prête à un changement de statut et un deuxième référendum pour préciser les conditions de ce changement: indépendance, État américain ou le maintien du statut actuel de Commonwealth ( État associé).
La visite d'Obama est suivie de près par la diaspora portoricaine installée aux États-Unis, notamment en Floride, l'un des États décisifs pour l'élection présidentielle de 2012, Le poids politique des Porto-Ricains et des autres Latinos y est fort important et pourrait faire la différence dans une élection serrée.
par Nicolas Laffont
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