Postes Canada a indiqué mardi que ses employés sont mis en lock-out, après 12 jours de grèves tournantes «coûteuses et nuisibles».
Selon un communiqué émis tard hier soir, la société estime que le temps est venu de suspendre ses opérations partout au pays, car les «actions du syndicat compromettent la viabilité de Postes Canada». «Mises ensemble, l'accélération du déclin des volumes de courrier et l'impossibilité de livrer le courrier à temps et de façon sécuritaire ne laissent d'autre choix à Postes Canada que de prendre cette décision», peut-on lire dans la déclaration émise hier.
Même si Postes Canada dit continuer de croire que la meilleure solution serait un règlement négocié, la société pense qu'un lock-out est le meilleur moyen de résoudre rapidement l'impasse et de forcer le syndicat à examiner sérieusement les propositions concernant la baisse des volumes de courrier et le déficit de 3,2 milliards de dollars du régime de retraite.
Postes Canada soutient que les grèves tournantes ont eu un impact «considérable» sur les revenus à court terme, avec des pertes évaluées à près de 100 millions de dollars après les grèves d'hier à Montréal et à Toronto. Par ailleurs, il est soutenu que lors des derniers jours, plusieurs incidents ont soulevé des inquiétudes quant à la capacité de Postes Canada à faire circuler le courrier tout en préservant la sécurité des employés et des clients.
Postes Canada justifie aussi sa décision par le fait qu'un écart important la sépare toujours du STTP sur plusieurs questions fondamentales et qu'aucun progrès n'a été réalisé depuis plusieurs semaines. Finalement, elle estime que le fait de laisser durer l'incertitude causée par les grèves tournantes risque de compromettre sa capacité à demeurer autonome sur le plan financier et à ne pas devenir un «fardeau pour les contribuables».
par Olivier Caron
Services