lundi 29 août 2011 à 10H28

Pas de fusion entre le PLC et le NPD (PC)


OTTAWA - Malgré quelques récalcitrants, qui refusent de fermer la porte ouverte à une éventuelle fusion entre le Parti libéral et le Nouveau Parti démocratique, les chances d'assister à une telle association politique semblent minces, même si les deux formations évoluent présentement sans chef.

Le spectre d'une fusion entre les deux partis fédéraux a refait surface à la suite du décès de Jack Layton, la semaine dernière. Toutefois, le chef par intérim du PLC, Bob Rae, a écarté ce scénario du revers de la main, lundi matin, à l'occasion d'une réunion de son caucus à Ottawa.

M. Rae a fait valoir que les libéraux, qui se retrouvent avec seulement 34 députés depuis l'élection du 2 mai dernier, doivent d'abord plancher sur la reconstruction de leur propre parti.

«Les gens peuvent parler de ce qu'ils veulent, mais ce n'est pas à mon agenda pour le moment. Je pense que nous devons vraiment nous concentrer sur le Parti libéral», a-t-il répliqué aux journalistes, lundi, à son entrée au caucus, qui se réunit pendant quatre jours afin de se préparer à la rentrée parlementaire du 19 septembre.

Mais parmi ceux qui en discutent, deux de ses propres députés Montréalais ont estimé qu'il fallait «réfléchir à la situation des forces progressistes au Québec, puis a Canada».

Car selon Denis Coderre, la réaction de la population suite au décès de Jack Layton n'était pas seulement un hommage à l'homme, mais «on a célébré un scheme de valeurs aussi».

«Il faut regarder la possibilité (...) est-ce que le temps est venu, pas tout de suite, mais d'amorcer ce débat-là sur l'avenir des deux partis?», a-t-il questionné, en marge du caucus.

Un avis partagé par Justin Trudeau, qui a affirmé qu'il n'était pas convaincu, mais qu'il était ouvert à des conversations et à ce qu'on le convainque justement.

Les deux Montréalais sont toutefois isolés dans leur camp.

Outre le chef intérimaire, des députés ainsi que leurs anciens collègues ont à leur tour rejeté l'idée de s'associer avec le Nouveau Parti démocratique (NPD), l'ex-députée Marlene Jennings qualifiant même l'idée de «farfelue».

Du côté des néo-démocrates, pas plus d'appétit pour une éventuelle fusion avec les libéraux. Le président du NPD, Brian Topp — qui pourrait par ailleurs se lancer dans la course à la succession de Jack Layton —, a répliqué que le parti continuerait de travailler avec ses adversaires «lorsque les circonstances le justifient».

«Cela dit, les néo-démocrates ne sont pas intéressés à devenir des libéraux. Et le Parti libéral a été clair, et ce encore aujourd'hui, que l'idée n'est pas à leur ordre du jour (...) Et je ne pense pas que ce soit au nôtre non plus», a-t-il souligné.

Pour le moment, en vue de la rentrée parlementaire dans trois semaines, les néo-démocrates se remettent de la mort soudaine de leur chef, tandis que les libéraux veulent plancher sur leur stratégie pour offrir une opposition farouche au gouvernement conservateur de Stephen Harper.

«Nous allons nous battre contre son gouvernement à chaque étape de la bataille», a promis M. Rae dans un discours aux troupes libérales.

Et pour ce faire, les libéraux attaqueront les conservateurs sur leur terrain de prédilection: l'économie.

«Le "mantra" des conservateurs c'est de nous forcer à l'austérité. Les libéraux parlent d'autre chose: nous disons que le message, ce n'est pas "coupes, coupes, coupes". Les message, c'est "emplois, emplois, emplois"», a lancé le leader libéral, en arguant vouloir miser sur les investissements pour créer du travail au pays.

Les libéraux souhaitent aussi défendre les soins de santé, l'environnement, et combattre l'agenda des conservateurs en matière de criminalité.

Le leader intérimaire a même prédit que son parti puisse gagner les prochaines élections, en 2015; à condition que les libéraux représentent une équipe d'opposition solide aux Communes et qu'ils réussissent à bonifier l'adhésion de leurs membres ainsi que les levées de fonds.

Au Québec, Bob Rae souhaite par ailleurs s'inspirer de l'héritage politique légué par Jack Layton.

«Il a convaincu nombre de Québécois de saisir l'occasion de participer à la vie politique canadienne. Nous avons tous ici, à Ottawa, l'obligation de poursuivre la mission particulière de raviver l'intérêt des Québécois pour une action politique sur la scène fédérale. Et je crois que c'est le plus grand hommage que nous pouvons lui rendre», a-t-il lancé, alors que son parti compte aujourd'hui sept députés québécois, soit moitié moins qu'avant le déclenchement des dernières élections.

Les pourparlers sur une éventuelle fusion libéraux-néo-démocrates ont défrayé les manchettes à quelques reprises depuis que les anciens chefs des deux partis, Jean Chrétien au PLC et Ed Broadbent au NPD, ont suggéré l'idée il y a un an.

Bob Rae lui-même avait soulevé le même scénario le soir du scrutin du 2 mai, mais il a été forcé de renoncer à toute discussion sur le sujet afin d'accéder au leadership intérimaire du PLC.

Réunis en congrès à Vancouver au mois de juin, députés et militants néo-démocrates s'étaient quant à eux montrés fort divisés sur la question lorsqu'ils ont refusé de rejeter toute fusion avec le PLC, nécessitant même un décompte des votes à main levée.


par La Presse Canadienne





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