vendredi 16 septembre 2011 à 13H23

NPD: Roméo Saganash se lance dans la course (PC)


MONTRÉAL - Le leader autochtone Roméo Saganash a créé la surprise, vendredi, en annonçant qu'il sera candidat à la succession de Jack Layton comme chef du Nouveau Parti démocratique.

Les médias avaient rapporté que le député se rallierait au seul autre candidat déclaré, Brian Topp.

En entrevue avec La Presse Canadienne quelques heures après l'annonce de sa candidature, il a affirmé qu'il avait pris le temps de réfléchir.

Il a également précisé qu'au cours de cette période, il n'avait pas essayé de savoir s'il avait des appuis «ici et là».

«Ce n'est pas la façon dont je fais de la politique. Je voulais d'abord et avant tout être confortable dans ma décision pour moi-même», a-t-il soutenu.

M. Saganash a été élu pour la première fois en mai dans la circonscription d'Abitibi-Baie James-Nunavik-Eeyou. Il était auparavant directeur des relations avec le Québec pour le Grand Conseil des Cris, entre autres.

Il a annoncé sa décision de briguer la chefferie lors d'un point de presse à Val-d'Or. «Vous m'avez accordé un privilège en m'élisant et c'est à vous de savoir d'abord», a-t-il déclaré devant un parterre de gens d'affaires de la région.

Roméo Saganash est né à Waswanipi en octobre 1962. Il a été le premier diplômé d'origine crie à obtenir un baccalauréat en droit au Canada. Au cours de sa carrière de juriste et de négociateur, il a notamment joué un rôle de premier plan dans la conclusion de la «Paix des braves» entre le Grand Conseil des Cris et le gouvernement du Québec.

«J'estime que j'ai une expérience de plus de 25 ans de service public», a expliqué M. Saganash. Il juge d'ailleurs que celle-ci peut apporter beaucoup dans le débat et dans la manière de construire des ponts entre différents intérêts au pays.

Il est le premier autochtone à briguer le poste de chef d'un parti politique fédéral.

Au fil des ans, il a été courtisé par presque toutes les formations politiques provinciales et fédérales. En mars, il disait avoir accepté l'invitation du NPD à cause de l'insistance de Jack Layton et aussi pour les politiques sociales et environnementales du parti.

Son «inexpérience» en politique n'est pas un handicap pour aspirer à devenir le chef de la formation politique qui occupe les bancs de l'opposition à Ottawa, a-t-il dit. Selon lui, sa connaissance de l'Assemblée nationale à Québec et du Parlement à Ottawa comble ce déficit. «Je peux me débrouiller assez facilement», a affirmé M. Saganash.

Le leader cri n'a jamais caché sa sympathie pour le mouvement souverainiste. «J'ai toujours dit que les Québécois ont le droit de déterminer leur propre avenir politique et ça, ça demeure comme position pour moi», confiait-il en mars dernier. Des propos qu'il a réitérés en entrevue vendredi.

«Je crois au droit à l'autodétermination des peuples. Il faut respecter ce droit de choisir son avenir politique», a-t-il répété, ajoutant que c'était un principe qu'il avait toujours défendu.

Cette position contraire à celle de son parti ne l'a pas empêché de se faire élire au Parlement, mais elle risque de faire grincer des dents au Canada anglais, où se trouvent l'essentiel des militants du NPD.

Sur Twitter, Brian Topp a qualifié la décision de M. Saganash «d'excellente nouvelle». Il a ajouté qu'il avait hâte de débattre et de travailler avec lui.

L'autre Québécois pressenti pour prendre la tête du NPD, Thomas Mulcair, n'a pas encore fait connaître ses intentions. Il a cependant déjà obtenu l'appui d'une poignée de députés québécois qui disent lui devoir leur carrière.

Le chef adjoint et lieutenant du parti au Québec affirme être en réflexion pendant qu'il comptabilise ses appuis et forme une équipe. Pour plusieurs, ce n'est qu'une question de temps avant qu'il se lance dans la course.

D'autres députés sont aussi tentés par le poste de chef du NPD. C'est notamment le cas de Peter Julian, Peggy Nash, Niki Ashton, Libby Davies, Nathan Cullen et Megan Leslie.

Le successeur de Jack Layton sera choisi par les membres du parti le 24 mars prochain, à Toronto. Toute personne devenue membre en règle du NPD avant le 18 février 2012 aura le droit de vote.

Chaque candidat devra débourser 15 000 $ pour entrer dans la course. C'est le double de ce qu'a payé M. Layton lors de la course qui l'a élu chef en 2003. La limite des dépenses des candidats a été fixée à 500 000 $.


par La Presse Canadienne



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 2 commentaires


  • Beaumichel a dit le 16 septembre 2011 Signaler ce commentaire

    J'ai beaucoup de respect pour Monsieur Saganash mais j'estime que ses chances d'être élu chef du NPD sont plutôt minces. Voilà tout le problème que vit le NPD au Québec. Ce sont les membres du Parti qui votent et le NPD n'a vraiment aucune organisation sérieuse et crédible au Québec. Bien sûr qu'il n'est jamais trop tard pour commencer mais admettez avec moi qu'il s'agit là d'un défi de taille !

    Le même principe s'applique à Thomas Mulcair...Certainement un excellent candidat potentiel mais Monsieur Mulcair devra affronter les mêmes difficultés.

  • Beaumichel a dit le 17 septembre 2011 Signaler ce commentaire

    J'ai beaucoup de respect pour Monsieur Saganash mais j'estime que ses chances d'être élu chef du NPD sont plutôt minces. Voilà tout le problème que vit le NPD au Québec. Ce sont les membres du Parti qui votent et le nombre total de membres au Québec n'est que de 4 pour cent sur l'ensemble du pays. Le même problème se pose pour Monsieur Thomas Mulcair. Bien sûr que le NPD va travailler fort pour augmenter son membership au Québec mais admettez avec moi que la tâche n'est pas facile.



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