jeudi 22 septembre 2011 à 8H14

Décès d'une ado: le coroner constate des failles (PC)


MONTRÉAL - Le coroner Luc Malouin a constaté d'importantes failles dans les communications et l'appréciation de l'état de santé d'une adolescente, Rébecca Lévesque, qui est décédée au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches où elle résidait.

L'adolescente de 15 ans est décédée d'une septicémie _ une infection généralisée _ le 13 février dernier, et ce, sans avoir été transférée à l'hôpital, bien qu'elle avait reçu un conseil en ce sens de la part d'une infirmière d'Info-Santé qu'elle avait consultée.

Congestionnée, ayant un mal de gorge, de la difficulté à respirer et se sentant fiévreuse, l'adolescente avait ensuite vu son état se détériorer. Elle disait avoir des hallucinations visuelles et auditives.

Une intervenante du Centre jeunesse a bel et bien pris sa température, mais n'a noté aucune fièvre.

L'adolescente avait elle-même appelé Info-Santé vers 22h. Au téléphone, l'infirmière lui avait conseillé de se rendre à l'urgence si son état continuait de se détériorer dans une heure ou deux. L'adolescente avait informé l'intervenante de soir du Centre jeunesse de cette consigne.

Pendant la nuit, l'adolescente s'était mise à vomir et avait une diarrhée. Elle a finalement été retrouvée morte le lendemain par le personnel de jour.

Dans son rapport rendu public jeudi, le coroner Luc Malouin souligne plusieurs failles dans les communications entre les membres du personnel. D'abord, le personnel ne conduit pas l'adolescente à l'hôpital, bien que son état se détériore et malgré la recommandation en ce sens d'Info-Santé. Ensuite, la gardienne de nuit a parlé à l'employée cadre des problèmes de santé de l'adolescente, mais n'a pas mentionné la recommandation d'Info-Santé. Le cadre a cru à une gastroentérite.

Le coroner déplore également «une surveillance inadéquate» de l'état de santé de l'adolescente. L'intervenante de jour, qui était la même que celle du soir précédent, a vérifié sporadiquement l'état de santé de Rébecca à travers la fenêtre de la porte de sa chambre. Ce n'est que vers 10h30 qu'elle est entrée dans sa chambre pour lui porter à boire. Elle a alors constaté que Rébecca était froide, rigide et visiblement décédée.

«Décéder d'une septicémie en 2011 alors qu'on est sous la garde d'un Centre jeunesse est incroyable», conclut Me Malouin.

«Il y a tout lieu de croire que Rébecca était déjà décédée à 7h30 et qu'une visite dans sa chambre aurait permis de le constater. Et si elle n'était pas encore décédée, elle était sûrement inconsciente et il aurait peut-être été possible de lui sauver la vie», écrit le coroner.

«Sous réserve qu'il y a toujours un taux de mortalité quelconque dans n'importe quelle maladie, on peut présumer que si on avait conduit Rébecca à l'hôpital, elle aurait eu les traitements voulus et les chances de survie étaient excellentes», a commenté en entrevue Me Malouin.

Il recommande donc au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches de clarifier sa politique interne en cas de maladie d'un résidant lorsque l'infirmière n'est pas sur place. Il tient à ce qu'un appel à Info-Santé «ait lieu dans tous les cas et que les recommandations de l'infirmière de cet organisme soient suivies par les employés du Centre».

Il lui recommande également de s'assurer que toutes les informations médicales soient transmises entre les intervenants qui ont affaire à un résidant malade.

Le coroner recommande aussi à l'Association des centres jeunesse du Québec de diffuser son rapport à ses membres et de faire appel à Info-Santé lorsqu'il n'y a pas de personnel médical sur place et qu'un résidant est malade.


par La Presse Canadienne





Services




Problème technique, commentaire, suggestion? Contactez-nousSite hébergé par iWeb
Publicité: BV! Media
aussi dans notre famille