lundi 9 janvier 2012 à 17H58

Rebello quitte le PQ pour joindre la CAQ (PC)


QUÉBEC - L'hémorragie se poursuit au Parti québécois, qui perd un autre député, François Rebello, parti rejoindre la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault.

Le député de La Prairie, sur la rive-sud de Montréal, en fera l'annonce mardi matin lors d'une conférence de presse à Saint-Constant. Il sera le septième député du PQ à quitter le caucus depuis le mois de juin dernier et le troisième à passer dans le camp Legault, après Benoît Charrette (Deux-Montagnes) et Daniel Ratthé (Blainville).

La chef péquiste, Pauline Marois, aura donc vu sept de ses députés la quitter en autant de mois, ce qui ne l'aidera sûrement pas à consolider son leadership.

"Je ne veux pas me contenter d'attendre le grand soir. Je choisis le meilleur premier ministre pour bâtir notre avenir, pour entreprendre un Québec vert", dira M. Rebello, mardi, pour justifier sa décision, dans un texte obtenu par La Presse Canadienne. Il dira choisir "le chef nationaliste le plus susceptible de battre le Parti libéral". Il a donc l'impression que Mme Marois ne pourra pas remonter la pente, malgré l'impopularité du premier ministre Jean Charest.

Malgré cela, le député transfuge se définit toujours comme un souverainiste. Sauf que, "force est de constater que la stratégie souverainiste n'a pas fonctionné".

Selon lui, "la majorité des Québécois n'est pas prête, maintenant, à voter pour la souveraineté" et ce n'est pas l'enjeu qui doit retenir l'attention à l'approche de la prochaine campagne électorale, reprenant ainsi la rhétorique de François Legault, qui cherche à attirer autant les fédéralistes que les souverainistes.

Curieusement, dans son texte intitulé "Entreprendre un Québec vert", M. Rebello justifie son geste en jugeant que M. Legault est le mieux positionné pour s'occuper des préoccupations environnementales alors que le plan d'action de la CAQ ne souffle pas un mot sur le sujet. L'environnement ne fait pas partie des priorités d'action définies par M. Legault s'il devient premier ministre.

M. Rebello a attendu lundi en fin de journée pour informer sa chef de sa décision, en contactant la directrice de cabinet de Mme Marois, Nicole Stafford. La chef péquiste est en vacances à l'extérieur du pays jusqu'à la fin de la semaine.

Selon les informations obtenues, le député n'a pas tenté de négocier avec sa chef un compromis qui l'aurait amené à revoir sa décision et à demeurer dans le caucus péquiste. Il a plutôt mis sa chef devant un fait accompli. Apparemment, personne dans l'entourage de Mme Marois n'a vu venir le coup.

Comme M. Rebello, âgé de 41 ans et député depuis 2008, a toujours été proche de François Legault — il lui avait donné son appui pour succéder à Lucien Bouchard — on le soupçonnait de faire partie des députés qui préparaient un putsch contre Mme Marois ou qui songeaient à passer dans le camp Legault. Mais, jusqu'à tout récemment, M. Rebello s'était toujours défendu de préparer sa sortie, réaffirmant sa loyauté envers sa chef chaque fois que la question lui était posée.

En soirée, la chef péquiste a jugé que M. Rebello quittait le navire péquiste "par pur opportunisme".

"Il y a quelques semaines à peine, M. Rebello m'avait personnellement assurée qu'il était au Parti québécois pour y demeurer et que ses convictions souverainistes primaient avant tout", a-t-elle indiqué par voie de communiqué.

Dans son texte, M. Rebello ne mentionne pas le nom de Mme Marois et ne remet pas en question son style de leadership ou sa gouvernance souverainiste.

Du côté de la coalition, on voit que le maraudage se poursuit et donne des fruits. Avec cette acquisition, la toute nouvelle CAQ pourra se présenter au Salon bleu à la rentrée parlementaire du 14 février avec neuf députés. Il en faut 12 pour former un parti reconnu à l'Assemblée nationale.

À l'heure actuelle, le futur caucus de la coalition compte six anciens députés adéquistes et trois anciens péquistes.

Au Parti québécois, la saignée avait commencé en juin avec les départs successifs de Pierre Curzi (Borduas), Lisette Lapointe (Crémazie), Louise Beaudoin (Rosemont) et Jean-Martin Aussant (Nicolet-Yamaska).


par La Presse Canadienne



VOS COMMENTAIRES


Cet article a reçu 3 commentaires


  • philub a dit le 9 janvier 2012 Signaler ce commentaire

    Quel beau jeu la politique? La mondialisation économique doit être ralentie par un peu plus de nationalisme. Sinon les gouvernements seront trop faibles pour résister aux multinationales étrangères qui voudraient utiliser les profits faits au Québec pour faire des investissements à l'étranger.

    Par exemple, exploiter une mine au Québec et investir dans l'immobilier en Chine. Si nos ressources créent des profits, il faut que les profits nous permettent des investissements au Québec.

  • jocelyn boily a dit le 10 janvier 2012 Signaler ce commentaire

    Québec, le 10 janvier 2012

    Le parti Québécois (PQ) agonise

    Pendant que les opportunismes quittent les divers partis en périls, le PQ agonise de sa belle mort. En effet l'hémorragie se poursuit au PQ car un nouvel opportunisme non élu pour privatiser le système de santé et désyndiquer les enseignants quitte le navire péquiste pour joindre les rangs de la coalition avenir Québec de François Legault.

    À cet effet François Rebello député de La Prairie, sur la rive-sud de Montréal sera le septième député du PQ à quitter le caucus depuis le mois de juin dernier et le troisième à passer dans le camp Legault, après Benoît Charrette (Deux-Montagnes) et Daniel Ratthé (Blainville).

    Qu’attendent les dirigeants du Parti Québécois pour renflouer le navire qui coule à flot?


    Jocelyn Boily
    781, rue Flamand
    Québec (Qc)
    G1M 2B8
    934-0479

  • La Chose. a dit le 11 janvier 2012 Signaler ce commentaire

    Après cela, ne nous demandons pas pourquoi les Québécois sont cyniques envers les politiciens.



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