jeudi 9 février 2012 à 11H36

Dutil se défend de faire preuve d'ingérence (PC)


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QUÉBEC - Le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, s'est défendu, jeudi, d'avoir fait preuve d'ingérence politique en mandatant une enquête policière pour déterminer comment les médias ont été informés de l'existence d'une taupe à la police de Montréal.

M. Dutil a cependant reconnu qu'il avait agi de manière exceptionnelle, en demandant à la Sûreté du Québec (SQ) de trouver l'origine de fuites qui ont permis aux journalistes d'être informés de l'affaire Ian Davidson.

Lors d'un point de presse en marge du caucus des députés libéraux à Victoriaville, M. Dutil a déclaré qu'il avait agi à la demande du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

«Pour moi ce qui est important, c'est qu'il y ait une séparation du politique et du policier, a-t-il dit. Et il y a une séparation du politique et du policier. Je n'interviens pas dans les enquêtes policières et c'est exceptionnel que je demande une enquête. (...) Il n'y a pas de politisation des enquêtes.»

Le Parti québécois a sévèrement critiqué la décision de M. Dutil, jeudi, accusant le gouvernement d'agir ainsi pour détourner l'attention des véritable questions soulevées par le suicide de Ian Davidson, le mois dernier.

Cet ex-policier était soupçonné d'avoir tenté de vendre à la mafia une liste contenant les noms d'informateurs du Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Lors d'un point de presse à Montréal, le porte-parole péquiste en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, a accusé les libéraux de recourir à des pratiques douteuses.

«Nous sommes renversés par cette décision, a-t-il dit. Pourquoi cette diversion? Est-ce qu'on a quelque chose à cacher? Qu'est qu'il y a tant dans cette affaire Davidson qu'on ne souhaite pas que la population sache?

«C'est extrêmement grave ce qu'a annoncé le ministre. Est-ce que sous les libéraux de Jean Charest on est rendu dans une république de bananes, où on intimide les gens qui parlent aux journalistes?»

Le député péquiste estime qu'il faudrait plutôt mandater une enquête indépendante pour répondre aux nombreuses questions soulevées par l'affaire Davidson.

M. St-Arnaud s'interroge notamment sur les raisons qui ont permis au policier de circuler pendant plusieurs mois avec la liste avant d'être intercepté en octobre dernier.

La leader parlementaire de la Coalition avenir Québec Sylvie Roy a pour sa part soutenu que les libéraux cherchent à intimider les journalistes.

«Ils sont dans un état de panique parce que les journalistes les poussent à bouger et savent des choses, a-t-elle dit en point de presse. Ça les pousse à réagir devant l'opinion publique, c'est une manoeuvre d'intimidation.»

M. Dutil a affirmé que c'est la troisième fois qu'il demande aux policiers d'enquêter sur un dossier. Il avait procédé ainsi pour faire la lumière sur une sévère mise en échec entre deux joueurs de hockey professionnels (l'affaire Zdeno Chara et Max Pacioretty), de même que sur un cas d'espionnage de courriels à l'hôtel de ville de Montréal.

«C'est vraiment tout à fait exceptionnel que le ministre de la Sécurité publique demande une enquête et il le demande seulement quand il y a des raisons exceptionnelles de le faire», a dit M. Dutil.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a exprimé la crainte que l'enquête policière devienne «le prétexte à une partie de pêche dans les sources journalistiques».

La FPJQ a réclamé des assurances que les journalistes ayant enquêté sur l'affaire Davidson ne seront pas mis sous écoute ou ciblés par la SQ.

M. Dutil s'est limité à dire que la loi s'appliquera à cette enquête de la même manière que dans toutes les autres.


par La Presse Canadienne





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