L'adaptation du prochain examen d'entrée à la pratique pour les infirmières selon le modèle américain inquiète sérieusement l'Association des étudiant(e)s infirmier(ère)s du Canada (AÉIC).
Les organismes canadiens de règlementation de la pratique infirmière négocient actuellement avec le National Council of State Boards of Nursing (NCSBN), une société américaine, afin de créer un nouvel examen d'entrée à la pratique pour les infirmières et infirmiers.
La situation alarme les membres de l'AÉIC. «Nous sommes préoccupés par l'intervention d'une entreprise américaine et nous doutons que cette intervention soit dans le meilleur intérêt des étudiants canadiens ou qu'elle réponde à nos besoins uniques qui incluent nos compétences nationales, nos valeurs à l'égard des soins de la santé, nos croyances, nos problématiques, notre culture et notre contexte», a déclaré par voie de communiqué ce matin, le président de l'AÉIC, Evan Jolicoeur.
Ce dernier reproche aux autorités règlementaires canadiennes concernées dans le processus décisionnel de ne pas avoir consulté les membres de l'AÉIC, pas plus que les infirmiers diplômés ou pratiquants.
«Nous voulons également que les étudiants infirmiers soient consultés et que les infirmières et infirmiers autorisés et les infirmières et infirmiers de pratique avancée prennent le leadership pour discuter de ces enjeux qui sont hautement importants, car ils auront un impact sur les exigences d'accès à la profession infirmière», précise le président de l'AÉIC.
M. Jolicoeur insiste pour dire que le modèle de l'examen doit refléter les besoins spécifiques des pratiquants canadiens. Ses membres d'interrogent par ailleurs sur les conséquences que pourrait avoir ce genre d'examen sur l'image, les normes et la mobilité des étudiants.
«Les étudiants infirmiers canadiens ne veulent pas verser des frais à une entreprise américaine pour le privilège de pratiquer au Canada, fait savoir M. Jolicoeur. Ils craignent également l'utilisation abusive de leurs renseignements nominatifs par un gouvernement étranger, car ces renseignements seraient soumis à la loi américaine, le United States Patriot Act.»
L'AÉIC craint aussi qu'un examen de type américain ne respecte pas le niveau d'excellence préconisé au Canada pour prodiguer des services et des soins de qualité.
«Toute décision concernant le nouvel examen d'entrée à la pratique pour les infirmières et infirmiers canadiens aura un impact direct sur la qualité future de la santé et de la prestation des soins aux Canadiens, en raison des modifications qui risquent d'être apportées aux compétences requises pour l'entrée à la pratique», explique M. Jolicoeur.
Les membres de l'AÉIC veulent comprendre les enjeux réels du nouvel examen d'entrée à la pratique. Ils demandent donc aux autorités de les consulter avant de prendre leur décision.
par Reine Côté
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