Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et trois de ses ministres ont participé lundi avant-midi à une rencontre sur la situation de l'emploi au Québec, en compagnie des principales associations patronales et des organisations syndicales.
À l'issue des discussions, les participants à la Commission des partenaires du marché du travail ont annoncé que 55 millions $ supplémentaires seront injectés dans la formation de la main-d'oeuvre sur trois ans. Au total, une somme de 361 millions $ y sera donc consacrée, soit 147 millions $ provenant de la commission des partenaires du marché du travail et 214 millions $ d'Emploi Québec.
Investissement-compétences regroupe en fait différents programmes de formation s'adressant tant aux entreprises qu'aux travailleurs.
«C'est un peu un 'ISO-formation' ou comment peut-on faire la promotion de la culture de la formation continue au Québec, tant pour les entreprises _ on augmente la compétence de la main-d'oeuvre et la productivité des entreprises et on met en place cette culture de la formation en la valorisant _ que pour les travailleurs», a résumé la ministre de l'Emploi, Julie Boulet.
En vertu de la loi, les entreprises sont déjà tenues de consacrer un pour cent de leur masse salariale à la formation de la main-d'oeuvre. Lorsqu'elles ne dépensent pas elles-mêmes cette somme en formation, l'argent est emmagasiné dans un fonds. C'est ce fonds, qui a accumulé des surplus au fil des ans et qui servira à financer les nouvelles mesures de formation, a expliqué de son côté Jean-Luc Trahan, président de la commission des partenaires du marché du travail.
«Ce qu'on veut faire avec ce programme-là , c'est rejoindre encore plus d'entreprises et de travailleurs. On veut rejoindre au cours des trois prochaines années 20 000 entreprises, qui vont signer cet engagement moral», a ajouté M. Trahan.
Secteur manufacturier
Le numéro deux de la principale centrale syndicale du Québec, Daniel Boyer, de la FTQ, voit un pas dans la bonne direction dans cette mesure touchant la formation, mais croit qu'il faudra davantage pour soutenir l'industrie manufacturière, mise à rude épreuve depuis quelques années.
«Oui, on est satisfait, mais on en veut toujours plus, hein! Ça va relativement bien au Québec _ on ne fera pas de cachette. Quand on se compare, on pense que ça va relativement bien. Toutefois, il y a des efforts à faire, parce qu'il y a des signes qui ne trompent pas, dans le secteur manufacturier et dans le secteur de la forêt. Dans la région de Montréal, il y a des pertes d'emplois importantes. Il faut y travailler. Investissement-compétences est une partie de la grande solution globale», a commenté le secrétaire général de la FTQ.
Le premier ministre Charest a toutefois dit estimer que son gouvernement avait «déjà fait beaucoup» en la matière, notamment en éliminant la taxe sur le capital et en instaurant un crédit d'impôt à l'investissement.
Il juge aussi que le secteur manufacturier québécois ne va pas si mal que ça; tout dépend de l'industrie manufacturière. «Le Québec est plus diversifié sur le plan manufacturier. Ce sont le transport, les aliments, les pâtes et papiers, le secteur manufacturier et la transformation de métaux» et le portrait est donc, selon lui, «nuancé».
Pour ce qui est de l'industrie pharmaceutique, le premier ministre n'a pas exclu une révision des mesures de soutien, si cela s'avère nécessaire. Traditionnellement, le Québec s'est montré généreux envers la recherche pharmaceutique. Or, l'industrie semble se tourner de plus en plus vers le médicament générique. «On va faire un examen de l'ensemble des mesures que nous avons. On n'a pas pris de décision sur le niveau de financement. À date, ça a été un bon choix», a conclu le premier ministre.
par La Presse Canadienne
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