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Le Tribunal pénal fédéral suisse a condamné jeudi à Bellinzone un couple d'islamistes qui faisait de la propagande terroriste sur Internet.
Le Tunisien Moez Garsallaoui, 39 ans, a été condamné à une peine de privation de liberté de deux ans, dont six mois ferme. Son épouse, Malika el-Aroud, 48 ans, a écopé de six mois avec sursis. Ils ont été reconnus coupables de soutien à une organisation criminelle.
Le tribunal a largement suivi le réquisitoire du procureur général suppléant Claude Nicati. Ce sont les premières condamnations prononcées en Suisse pour soutien à une organisation terroriste islamique. Le couple a la possibilité de faire appel auprès du Tribunal fédéral à Lausanne.
Cette affaire a eu des échos à l'échelon international car Malika el-Aroud, de nationalité belge, mais d'origine marocaine, est la veuve d'un des deux hommes qui ont tué le commandant afghan Ahmed Shah Massoud, deux jours avant les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis.
Le couple avait été arrêté le 22 février 2005 à Guin, dans le canton de Fribourg. Le Tunisien a passé 23 jours en détention préventive et sa femme dix jours.
Alors que la défense avait plaidé l'acquittement, le tribunal a largement suivi le réquisitoire du ministère public. Moez Garsallaoui a notamment été reconnu coupable de soutien à une organisation criminelle. Il a exploité plusieurs sites Internet en vue de favoriser la propagande de la violence interraciale et d'inciter à la haine et à la violence. Il est aussi coupable d'avoir diffusé des images et des séquences filmées d'exécutions et de mutilations d'êtres humains.
Quant à Malika el-Aroud, elle a aussi été reconnue coupable de soutien à une organisation criminelle et complice de la diffusion d'images d'exécutions et de mutilations d'êtres humains. Elle n'est pas du tout restée passive, a commenté le président du tribunal Bernard Bertossa. Alors que le procureur avait requis 12 mois avec sursis, le tribunal l'a condamnée à une peine de six mois de prison avec sursis pendant trois ans.
Après la lecture du jugement, le procureur général suppléant a constaté avec satisfaction que, pour la première fois en Suisse, une telle procédure aboutissait à des condamnations. En février, Claude Nicati n'avait pas eu gain de cause devant le même tribunal lorsque sept accusés, yéménites, somalien et irakien, avaient été blanchis de l'accusation de soutien à l'organisation terroriste Al-Qaïda.
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