La crédibilité de la mission des forces de l'OTAN en Afghanistan ne sera pas entachée par la mort accidentelle de 25 civils, a soutenu vendredi le secrétaire général de l'institution, Jaap de Hoop Scheffer.
La police afghane a rapporté vendredi que les forces de l'OTAN avaient tué 25 civils et 20 talibans, dans le sud du pays, lors d'une riposte terrestre et aérienne à une attaque des insurgés talibans.
L'incident ne doit d'aucune façon amener les pays participant à cette mission, dont le Canada, à remettre en question la légitimité de l'opération, a dit M. de Hoop Scheffer, à la Citadelle de Québec, lors d'une conférence de presse tenue dans le cadre de cérémonies entourant le départ prochain d'un important contingent de soldats de la base de Valcartier vers l'Afghanistan.
"Si ça se passe, ce sont des erreurs, c'est jamais avec l'intention. Ca peut se passer parce que nos adversaires utilisent les enfants et les civils comme boucliers humains", a-t-il dit.
"Cela n'affecte pas la légitimité et la crédibilité de cette mission", a ajouté le secrétaire général de l'OTAN, dans une opération visant à convaincre la population canadienne du bien-fondé de la présence du pays en terre afghane.
"Ce sont des erreurs. Personne ne veut tuer des civils innocents. Rappelez-vous que la semaine dernière, les talibans ont tué 35 policiers et des civils à Kaboul", a renchéri le ministre de la Défense, Gordon O'Connor.
Comme il avait fait la veille à Montréal, M. de Hoop Scheffer a martelé que la mission afghane tenait sa légitimité du mandat reçu par les Nations unies.
"Il est très important que tous les 26 membres de l'alliance participent et continueront à participer à cette opération. C'est une question de solidarité essentielle", a-t-il dit, en réaffirmant qu'il s'agissait d'une mission "cruciale" pour l'OTAN.
En ce sens, il a dit espérer que le Canada maintiendra ses troupes à Kandahar au-delà de l'échéance prévue de 2009, mais il n'a obtenu aucune assurance en ce sens durant son séjour au pays.
Le gouvernement fédéral s'est engagé à assurer une présence militaire canadienne jusqu'à février 2009, mais refuse de dire ce qui se passera après.
"Le gouvernement n'a pas discuté de ce qui arrivera après 2009 et quand le gouvernement en discutera et prendra une décision, cette décision sera présentée aux membres du parlement et le parlement décidera ultimement", a quand même précisé le ministre O'Connor, à ce propos.
Par ailleurs, le secrétaire général de l'OTAN a dit avoir peine à comprendre pourquoi une bonne partie de la population, surtout au Québec, conteste la présence des soldats canadiens là-bas.
"J'ai des problèmes à m'imaginer quels sont les arguments fondamentaux contre une mission comme ça", a-t-il dit, en rappelant que sa visite au Québec visait justement à convaincre la population de la nécessité absolue de cette mission, pour lutter contre le terrorisme et défendre les valeurs occidentales.
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