Le 15 novembre 2007 - 17:04
Liens entre Schreiber et Ottawa: l'opposition veut un comité
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Par Isabelle Rodrigue
En nommant un conseiller spécial et en promettant la tenue d'une enquête publique sur l'affaire Mulroney-Schreiber, le premier ministre Stephen Harper comptait sûrement éloigner son gouvernement des odeurs de scandales. C'était sans compter sur les partis d'opposition, qui proposent tous d'étudier en comité un aspect de cette affaire.
Au lendemain de la nomination de David Johnston comme conseiller spécial chargé de définir les paramètres de l'enquête publique, les partis d'opposition sont revenus à la charge, jeudi, cette fois en tentant de lier le gouvernement de M. Harper à la controverse.
La tactique a évidemment pour but de battre le fer pendant qu'il est chaud et de maintenir l'attention sur le sujet, sans attendre de connaître les détails de la portée de l'enquête publique. M. Johnston dispose de deux mois pour réfléchir au mandat de cette enquête et d'en déterminer l'ampleur.
Les partis d'opposition estiment que l'enquête devrait porter sur les transactions financières entre l'ancien premier ministre Brian Mulroney et l'homme d'affaires Karlheinz Schreiber, mais aussi sur la gestion de l'actuel gouvernement.
En début de semaine prochaine, le comité de l'éthique sera donc saisi de trois motions, en provenance de chacun des partis d'opposition. Le Parti libéral suggère d'étudier les mesures prises par le gouvernement depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2006.
Le député libéral Robert Thibault dit que son parti craint que le mandat de la commission d'enquête soit trop restreint et évite de se pencher sur les gestes du gouvernement actuel. "Je suis inquiet de la portée qu'aura l'enquête et c'est pour cette raison que nous déposons une motion au comité pour savoir ce qui s'est vraiment passé sous l'actuel gouvernement", a indiqué le critique libéral.
Le Bloc québécois veut pour sa part regarder de plus près la gestion de la correspondance du premier ministre, pour déterminer si M. Harper "a vraiment raison de prétendre qu'il n'a jamais eu vent" d'une lettre envoyée par M. Schreiber il y a sept mois.
"On veut savoir ce qu'il y a eu dedans (cette lettre), quelle date exactement et on fait notre travail, a expliqué le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. Je vous réponds comme je répondais lors des questions qu'on me posait sur les commandites et je pense qu'on a fait notre travail à l'époque, on devait le faire. Les conservateurs étaient très heureux de le faire avec nous à l'époque. Maintenant, s'ils sont dans la même sauce, c'est leur problème."
Enfin, le Nouveau Parti démocratique (NPD) aimerait bien remonter au règlement de 2,1 millions $ convenu entre le gouvernement libéral et M. Mulroney, en 1997, à la lumière des nouveaux renseignements dévoilés récemment.
Les motions devraient être débattues mardi, et reste à voir si les partis d'opposition trouveront un terrain d'entente sur celle à étudier en priorité.
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© La Presse Canadienne, 2010
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