Le 20 janvier 2008 - 12:43

Littérature québécoise au cégep!



L'écrivain Jacques Folch-Ribas écrit dans La Presse de ce dimanche que l'Union des écrivains québécois et l'Association nationale des éditeurs de livres ont toutes les deux proposé que le cégep n'enseigne QUE la littérature québécoise.
Finis les beaux textes de François Villon, Du Bellay, Ronsart, le roman de Renart et Rabelais!
Finis les Sartre, de Beauvoir, Camus, Jardin et Barrico.
C'est comme si l'on enseignait QUE l'histoire du Québec et QUE la philosophie de Jacques Dufresne.
C'est comme si l'on ne mangeait plus que du pâté chinois.
J'ai pensé à Mao Zetong qui a forcé tous les intellectuels à vider les chiottes pour les ramener les deux pieds sur le sol.
Imaginez : apprendre la musique sans jouer de Chopin, de Schubert ou de Brahms mais que les œuvres de compositeurs québécois.
Mais, on s'en va où?
Quand moi j'écris, je pense à Balzac. Et à ses longues phrases farcies de métaphores et de grandes envolées descriptives. Quand j'écris, c'est l'influence de tous ces écrivains que j'ai effleurés au cégep et à l'université. Ce sont ces genres venant de tous les pays que j'ai admirés et qui m'ont forgée. Autant Gabrielle Roy que Kundera. Autant Victor-Lévy Beaulieu que Anaïs Nin.
Déjà que la culture littéraire des jeunes gens est déficiente, voilà qu'ils devront étudier les auteurs québécois uniquement,
Je suis abonnée à des revues littéraires françaises. Sous la rubrique LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE, il n'y a jamais d'écrivains québécois.
Pour acheter des romans québécois en France, il faut se rendre à la Librairie du Québec à Paris. Pour se procurer des romans français au Québec, on n'a qu'à entrer chez Renaud-Bray, Archambault, les librairies de l'aéroport, et même Wal-Mart.
Nos journaux nous parlent abondamment des romans publiés chez Gallimard, Albin Michel, L'Olivier, Fayard et al. En littérature pour la jeunesse, La Presse ne nous entretient QUE de littérature française.
Il est là le problème.
Il faut échanger avec la France. Exiger que s'ils veulent de la promotion au Québec, encore faut-il qu'ils fassent la promotion de notre littérature. À la radio de Radio-Canada, les animateurs Christiane Charrette et Joël Le Bigot sont immensément complaisants envers la littérature française.
On n'entend que les auteurs français s'épanouir devant les couinements des animateurs d'ici.
Il faut agir. Qu'il y ait un ministre de la promotion culturelle à l'étranger.
Que les auteurs québécois soient davantage soigneux. Que les éditeurs d'ici publient de la meilleure littérature et surtout, que les médias arrêtent d'encenser des horreurs comme les romans de Nelly Arcan en nous faisant passer pour des ignares si toutefois, nous n'avons pas aimé Folle et Putain.
Il faut continuer à offrir à nos étudiants des œuvres d'auteurs français, brésiliens, indiens, chinois et… québécois. Ensemble, ils aideront à former de meilleurs écrivains avec une vision élargie de notre monde.

par Francine Allard



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