Le 25 février 2008 - 14:56

Québec veut promouvoir les bonnes habitudes en milieu de travail



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Par Lia Lévesque

Après les saines habitudes de vie à l'école et dans la vie personnelle, Québec veut promouvoir les bonnes habitudes en milieu de travail.

L'on procédera cette fois par le biais d'un programme de certification des entreprises, baptisé "Entreprises en santé".

Ainsi, les entreprises qui implantent un programme pour réduire le tabagisme, par exemple, ou pour favoriser l'abonnement de leurs employés à un centre de conditionnement physique ou qui mettent à la disposition de leurs travailleurs une nutritionniste, pourront se qualifier pour cette nouvelle norme et, éventuellement, obtenir une certification.

C'est le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) qui émettra la certification.

Le concepteur du programme, le Groupe de promotion pour la prévention en santé _ un regroupement d'entreprises, d'associations, de fondations et de chaires _ compare cette norme santé aux normes ISO de qualité en production.

Au cours d'une rencontre avec la presse pour présenter le programme, le ministre québécois du Travail, David Whissell, a dit espérer séduire à la fois les travailleurs et les employeurs, par cette certification en matière de santé au travail.

"La pénurie de main-d'oeuvre au Québec est assez généralisée. On a une main-d'oeuvre également qui est volatile, qui cherche de plus en plus dans son intérêt personnel à trouver le milieu de travail le plus vivant, le plus efficace, qui va lui donner aussi la liberté de concilier son travail avec sa vie, sa famille. Alors, ce sera une marque distinctive pour les entreprises québécoises et ce sera un attrait, dans le fond, envers les futurs travailleurs qui regarderont vers les entreprises qui auront été accréditées par le BNQ", a commenté le ministre Whissell.

Les entreprises désireuses d'adhérer au programme pourront adopter des initiatives dans quatre domaines: les habitudes de vie du personnel (nutrition, activité physique, stress, information sur certaines maladies); l'équilibre travail-famille (horaires flexibles, garderie en milieu de travail); l'environnement de travail (distributrices d'aliments santé, aires pour garer les vélos); diverses pratiques de gestion (consultation des travailleurs, formation des patrons en communication).

Le directeur national de la santé publique, le docteur Alain Poirier, explique qu'il faut désormais aller plus loin que les incitatifs individuels. "Si on prend l'exemple du tabac, ça fait déjà 40 ans qu'on sait que le tabagisme est dangereux. Or la réduction n'est pas du tout arrivée à partir du moment où on l'a su scientifiquement. Ça prend bien d'autres choses pour nous stimuler, pour nous aider, individuellement, avec l'aide de nos familles. Des fois c'est le prix qui change, l'accessibilité au produit, c'est d'avoir une loi qui contraint. Il y a toute une série d'éléments, dont une norme, sociale parfois, mais ici, c'est une norme en entreprise", a-t-il dit.

Le ministère de la Santé, en tant qu'employeur, sera d'ailleurs l'un des cinq cobayes du programme, qui sera du même souffle implanté dans deux Centres de services sociaux _ Chicoutimi et Thérèse-de-Blainville _ au centre jeunesse Chaudière-Appalache et à l'Institut de gériatrie associé à l'Université de Sherbrooke.

Les entreprises y trouveront leur compte. Le directeur du Bureau de normalisation du Québec, Jacques Girard, a noté que chaque dollar investi dans de tels programmes de prévention en santé rapporte entre 1,50 $ et 3 $ en gains de productivité pour l'entreprise.

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© La Presse Canadienne, 2010




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