Le 13 novembre 2009 - 11:51

The Box plonge dans un univers sombre (entrevue)



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The Box a tout récemment lancé l'album «Le Horla», inspiré d'une nouvelle fantastique de Guy de Maupassant. Il s'agit d'une oeuvre concept aux sonorités résolument progressives. Showbizz.net a rencontré le chanteur Jean-Marc Pisapia.

Dans les années 80, The Box a lancé trois albums. En 1990, le groupe a ensuite mis en marché «The Pleasure and the Pain» avant de prendre une longue pause. En 2005, il a repris du service avec «Black Dog There». Il lance maintenant «Le Horla», un disque concept en français.

Depuis sa formation au tout début des années 80, The Box a connu de nombreux changements de personnel. L'alignement actuel est en poste depuis 2004, selon Jean-Marc.

«Le band n'a jamais été aussi stable que ça», dit le chanteur. Outre Jean-Marc Pisapia, François Bruneau (guitare); Martin Lapierre (batterie); Isabelle Lemay (voix); Guillaume Marchand (claviers) et Daniel Volj (basse) ont joué sur le nouvel album.

Denis Faucher, qui a participé à «Black Dog There», est aussi claviériste pour le groupe. Guillaume Marchand et lui devraient possiblement se partager la tâche, si l'on en croit le chanteur, même si cette information reste toujours à déterminer.

Nouvelle fantastique, allégorie sur la nature humaine

Maupassant a écrit «Le Horla» en 1887. Il sombra un peu plus tard dans la folie avant de mourir en juillet 1893, un mois avant son 43ème anniversaire.

«Le Horla, c'est la venue sur Terre d'une nouvelle espèce qui va déclasser l'Homme. Le Horla est à l'Homme, ce que l'Homme a été au Neandertal. Le Horla est invisible. Il a des pouvoirs extraordinaires, (y compris des pouvoirs) de suggestion. Il vient parasiter la vitalité des gens qu'il occupe. Le Horla débarque chez toi et se nourrit de ta vitalité pendant que tu dors et te pousse au suicide. Le Horla, c'est le journal quotidien qui s'étend sur un été d'un individu qui se voit occupé par un Horla: occupé, dans le sens d'occupation nazi. (Le narrateur) écrit dans son journal comment il vit (cette expérience)», raconte Jean-Marc à propos de la nouvelle de Maupassant.

L'artiste a lu ce texte à l'âge de 13 ans. Jeune, il n'a d'abord saisi que le côté science-fiction et horreur de celui-ci. Attiré par l'univers du célèbre auteur, il a ensuite lu en entier l'oeuvre de Maupassant entre 14 et 18 ans.

Plus tard, il en a fait une nouvelle lecture. Il s'est alors aperçu que «Le Horla» n'était pas seulement une histoire fantastique mais un bien «un véhicule pour un commentaire social assez sévère». Maupassant vit une dualité, selon Jean-Marc: il est amoureux de la nature humaine mais est aussi déçu de la bêtise de la société et des gouvernements. Le message du «Horla»? Si l'homme persiste à demeurer le même être grossier, n'importe quel être plus avancé ne pourrait en faire qu'une bouchée, selon Jean-Marc.

Cette nouvelle a beau avoir été écrite il y a plus de 100 ans, son message reste d'actualité. «C'est ce qui est fascinant, lance le chanteur! Le commentaire social de Maupassant est encore plus valide qu'il ne l'a jamais été.»

«Le Horla» habite Jean-Marc depuis l'adolescence. Pourquoi avoir attendu plusieurs années avant de s'en inspirer musicalement? «Je n'en avais jamais eu la possibilité auparavant, tout simplement. À l'époque où The Box opérait dans le marché commercial dans les années 80, il n'était absolument pas question d'arriver avec un album non commerciable (sic), non vendable et surtout non jouable à la radio. À l'époque, pour pouvoir vivre de ce qu'on jouait – maigrement, d'ailleurs – il a fallu se conformer aux formats de l'époque. Aujourd'hui, la situation a beaucoup changé», raconte Jean-Marc

Le musicien n'a désormais plus besoin de la musique pour gagner sa croûte. En fait, cet album et «Black Dog There» lui ont plutôt coûté de l'argent à produire. «À ce compte-là, je préfère avoir la liberté totale pour exprimer ce qu'on veut artistiquement et le faire sans aucunes prérogatives commerciales», ajoute-t-il.

Nouvelle étiquette

The Box fait désormais affaire avec les Disques Passeport, une compagnie que Jean-Marc ne connaissait pas au préalable. Le musicien avait soumis son projet d'album à huit labels. Certains n'ont même pas daigné lui répondre. Son choix s'est finalement arrêté sur Passeport, qui a réservé à The Box un accueil des plus chaleureux.

Au moment de notre entretien le 9 novembre, il était également très probable que The Box fasse aussi affaire avec Unicorn Digital, étiquette spécialisée dans la distribution de musique progression dans Internet.

«Passeport s'occupe du marché réel, dit Jean-Marc. Unicorn pourrait s'occuper seulement du Web dans un temps ultérieur». Les deux compagnies oeuvreraient main dans la main, précise-t-il.

Le nouveau simple

«Super 61» est le premier extrait de «Le Horla», extrait lancé l'été dernier. Jean-Marc ne souhaitait cependant pas lancer de simple à part celui-ci.

«Lorsque j'ai vu la façon dont Passeport s'occupe de ce disque et de remettre le nom de The Box dans la paysage, je me suis dit que ce serait peut-être une bonne idée de leur donner tous les outils nécessaires. J'ai écrit un single qui sert davantage à vendre le nom du groupe qu'à faire la promotion de cet album en particulier», dit-il.

Ainsi est née la chanson «Les plus belles années». Elle ne figure pas sur la version actuelle de «Le Horla». Elle pourrait cependant être incluse lors d'une impression subséquente de ce disque.

Influences musicales

Même si The Box devait se plier à certains impératifs commerciaux dans les années 80, le groupe ne faisait toutefois pas dans la pop bonbon. «L'Affaire Dumoutier (Say to Me)» de l'album «All the Time, All the Time, All the Time» (1986) ou «Must I Always Remember», du premier album éponyme du groupe lancé en 1984, sont plus proches du style alternatif de l'époque. On y remarquait même certaines influences britanniques ou progressives.

The Box faisait son truc et produisait une musique différente des autres artistes québécois du moment. Jean-Marc acquiesce: «Le meilleur exemple, c'est L'Affaire Dumoutier. Cette chanson ne respecte rien. Tout d'abord, c'est une histoire de meurtre. Ensuite, l'accusé était déclaré non coupable pour cause d'aliénation mentale à la fin. Il y avait deux refrains, des échanges cinématiques, les deux langues… Ça avait lieu en France. Il y avait un paquet de trucs et en plus, elle était longue! C'était une toune qui n'avait rien pour elle. Elle avait toutefois cette force d'être un hit naturel. Elle a défié la volonté de tous ceux qui se sont mis dans son chemin et les gens l'ont adorée. Il est vrai que cette chanson puisait dans mon expérience du rock progressif des années 70. J'avais essayé d'en faire quelque chose qui puisse quand même marcher à la radio et faire les cercles commerciaux.»

Quant à cette saveur européenne, le chanteur raconte que plusieurs pensaient alors que The Box était un groupe «d'Anglais d'Angleterre»!

Dans les années 70, Jean-Marc écoutait beaucoup de musique progressive. Parmi ses influences marquantes: Genesis, Gentle Giant, Yes et Jethro Tull. «C'est drôle car nous avons ouvert pour des gros groupes progressifs de l'époque. Entre autres, Jethro Tull, à Québec, au Colisée», dit-il.

Le groupe a également déjà fait la première partie de Marillion à Québec et de Chris de Burgh dans plusieurs villes du Canada.

La musique classique, grégorienne et le jazz comptent aussi parmi ses influences. C'est toutefois le prog des années 70 qui s'est reflété dans la musique de The Box, explique l'artiste.

Aujourd'hui Jean-Marc dit ne pas écouter beaucoup de musique. Il ne se dit plus «fan d'un genre particulier». Il a plutôt besoin de décompresser. Il cite en exemple un écrivain qui n'aurait pas le goût de lire un roman après avoir posé sa plume à la fin de sa journée.

Concerts

Plusieurs concerts sont à l'agenda de The Box au cours des prochaines semaines et des prochains mois. On verra notamment le groupe à Rimouski, Rivière-du-Loup, Amqui, Sherbrooke, Longueuil et Québec.

Il présentera tout d'abord un pot-pourri de pièces tirées du «Horla». Il offrira également quelques extraits de «Black Dog There» avant de terminer la soirée avec ses succès classiques.

«Il faut tenir à l'esprit que la majorité des gens qui viennent nous voir le font à cause de notre passé des années 80 et veulent entendre les vieux hits. Ce serait un peu suicidaire de leur suggérer de jouer (Le Horla) en entier. Ça les mettrait au dodo. Sans compter que c'est quand même un matériel assez lourd», raconte Jean-Marc.

Cette nouvelle musique n'est peut-être pas propice à l'ambiance et au public habituels du groupe, ajoute-t-il: «On va y aller à petite dose».

The Box sera également à «Belle et Bum», sur les ondes de Télé-Québec, le 14 novembre.

Site du groupe

par Julie Rhéaume





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