mercredi 13 février 2008 à 7H23
Le monde agricole dans une impasse ?
La Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire québécois (CAAAQ) a remis son rapport. Ouf. Un gros coup de poing. Une brique de 274 pages qui ne fait pas dans la dentelle. Il faut agir sinon c'est la catastrophe. L'avenir est sombre, très sombre. Un coup de poignard si on s'appelle l'UPA. Il semble que l'organisme ne satisfasse pas l'ensemble des agriculteurs. Le rapport préconise la fin de son monopole.
D'ailleurs, la première réaction de l'organisme n'a pas tardé.. "Si, à certains égards, le rapport de la Commission présente une vision de développement pour l'agriculture et l'agroalimentaire, à d'autres égards, il propose souvent des moyens qui ne seront pas à la hauteur du chantier proposé et qui même, parfois, sont susceptibles de diviser plutôt que de rassembler. C'est le commentaire préliminaire qu'a émis, hier, le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), Christian Lacasse, après avoir pris sommairement connaissance du rapport.
Avant d'aller plus loin. Une courte biographie de mon passé qui vous permettra de comprendre pourquoi un tel sujet me tient à coeur. J'ai été élevée sur une ferme. Pas une ferme québécoise, mais française. C'est la même chose. Je suis issue du monde paysan. Mon enfance, mes racines.
Un monde qui a terriblement changé. Ici comme en France. C'est mon père, un homme de la terre, qui m'a appris à la respecter. Un vrai, un paysan qui déplorait qu'on utilise de très couteux produits chimiques. Qui avait pris sa retraite avant de voir ses revenus dégringoler. Qui gardait le contact avec la terre en se lançant dans la mélisse bio. Qu'il binait conscieusement. Le juste retour à ses valeurs.
Les problèmes de concurrence, de protection et plus sont semblables, peu importe le pays. Les agriculteurs français tremblent devant les règlements idiots des fonctionnaires européens. Ici on frémit devant l'Oncle Sam et son gigantisme alors on s'est protégé.
D'ailleurs, la Commission souligne très justement que l'agriculture s'est enfermée dans une forteresse à grands coups de lois et règlements qui l'enferment maintenant dans un carcan indestructible qui l'empêche d'évoluer.
L'Union paysanne se réjouit d'un rapport qui marque un tournant historique. Eux qui évoluent à l'extérieur de l'UPA. Plusieurs producteurs biologiques ne reçoivent aucune subvention et se débrouille seuls. Pour eux l'UPA prône trop l'industrialisation alors que l'agriculture devrait rester paysanne.
Pour ceux qui pensent qu'on ne pourrait nourrir tout le monde sans l'industrialisation, le rapport de la FAO (Food and Agriculture Organization) l'organisme spécialisé de l'ONU a admis, "que l'agriculture biologique a la capacité de nourrir l'ensemble de la planète au même titre que l'agriculture conventionnelle, mais avec un coût environnemental moindre."
D'ailleurs, lors d'une recherche pour un article pour la Presse sur le gaspillage alimentaire, j'avais trouvé les chiffres d'un professeur américain qui étudie le gaspillage alimentaire depuis plus de 10 ans. Ce dernier estimait que 40 à 50 % de la nourriture produite est jetée avant même d'atteindre les tablettes des supermarchés. Je ne vous parle même pas de celle qui est jetée après avoir été achetée. Au Québec, impossible d'avoir des chiffres. Les détaillants en alimentation restent muets. Ont-ils honte ?
Plusieurs autres points sur l'agriculture. L'élevage intensif et l'utilisation massive des pesticides et autres produits polluants sont à revoir totalement. Mais je ne jette pas la totalité de la pierre aux agriculteurs, pris entre l'arbre et l'écorce. Entre le distributeur et les compagnies de transformation alimentaire.
Pris aussi par nous les consommateurs qui voulons toujours le plus bas prix. Le plus bas prix pour le steak, pour la livre de tomates, pour la laitue. Résultats : c'est celui qui cultive le produit qui mange la claque pendant que les distributeurs récoltent.
Vous savez, dernièrement le lait a augmenté. J'aimerais bien savoir quel pourcentage de cette augmentation va dans la poche du producteur laitier ?
Alors oui notre agriculture est malade. Malade de ses choix, des vautours qui l'ont dénaturé, des agriculteurs qui ont lâché prise et abandonné leur véritable mission, leur amour pour la terre, des consommateurs qui bouffent n'importe quelle bouillie amalgamée, transformée, produite n'importe où, pourvu que ça soit moins cher.
Après on se plaint que le bio coûte cher. On est tellement habitué à payer des peanuts qu'on ne se rend même plus compte du travail nécessaire à produire des aliments de qualité. Car au fond, ce n'est pas grave, on se fourre tout ça dans la bouche, dans notre corps. Après on s'étonne de pas filer, d'être malade, fatigué.
Avant d'aller faire votre prochaine épicerie, lisez le bouquin de William Reymond, Toxic.
Pour ne pas faire trop long, je parlerai des points environnementaux soulevés par la Commission sur le blogue environnement. Suivez-moi !
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On le pensait immortel. Il est parti cet éternel blagueur, Henri Salvador.
par Cécile Gladel
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