Hier, Charles Taylor était à Tout le monde en parle de la Société Radio-Canada. Samedi, dans La Presse, il publiait avec son collègue Jocelyn Maclure un long extrait de son livre Laïcité et liberté de conscience à paraître bientôt aux Éditions Boréal. L'article s'intitulait La présomption d'impartialité. L'apparence de neutralité ne justifie pas l'interdiction du port des signes religieux visibles chez les agents de l'État. Il y a quinze jours sortait le manifeste Pour un Québec pluraliste. Une offensive est en marche.
Et pourtant à toute cette question nous avons prêté beaucoup d'attention. Charles Taylor présida avec Gérard Bouchard une longue consultation. Des experts en grand nombre leur prêtèrent main forte. Le débat public fut très animé. Puis ils produisirent un rapport. Plutôt mitigé. À tout le moins en retrait par rapport aux attentes des uns et des autres. Dont le gouvernement Charest a retenu zéro élément. Dumont a été accusé de soulever un débat dangereux. Ceux qui veulent jouer les prolongations seront-ils accusés du même « forfait »?
Reconnaissons que le sujet est délicat et que parfois il donne lieu à des dérapages qu'à chaque fois il faut dénoncer. Reconnaissons aussi que la question est complexe et qu'il n'est pas aisé d'arrêter une opinion ferme sur chacun de ses aspects. Ces difficultés ne doivent pas nous intimider. Et précisément parce qu'elles existent, le devoir démocratique d'en débattre s'impose.
Je suis retourné à l'article 10 de la Charte des droits et libertés du Québec sur lequel sont fondés les droits fondamentaux.
10. Toute personne a droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, des droits et libertés de la personne, sans distinction, exclusion ou préférence fondée sur la race, la couleur, le sexe, la grossesse, l'orientation sexuelle, l'état civil, l'âge sauf dans la mesure prévue par la loi, la religion, les convictions politiques, la langue, l'origine ethnique ou nationale, la condition sociale, le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap.
Le hasard veut que le droit à la reconnaissance et à l'exercice, en pleine égalité, sans discrimination fondée sur la religion soit immédiatement suivi par celui des convictions politiques. Ces deux droits sont donc égaux.
Pour tenter de mieux saisir la pertinence et la portée de la proposition des auteurs de faire fi des signes religieux visibles je me suis permis de relire l'article de Charles Taylor et de Jocelyn Maclure en substituant systématiquement le mot religion et religieux par choix politique, le mot conscience par opinion et le mot appartenance religieuse par celui d' allégeance politique.
Exercice éclairant nous amenant à conclure que les autorités hésiteront longtemps avant de permettre que les serviteurs de l'État livrent leurs services en affichant ouvertement leurs convictions politiques souverainistes ou fédéralistes par le port de macarons ou autrement. Il apparaît évident que l'État tiendra mordicus à ce que son apparence de neutralité soit respecté.
Si la neutralité de l'État à l'égard des convictions politiques tombe sous le sens, pourquoi à l'égard des convictions religieuses il en serait-il autrement?
par Gérald Larose
Bravo! Vous avez réussi à me rejoindre. Bravo, ce n'est pas du remâché cette fois! Cet exercice est délicieux et d'une très grande intelligence je l'admets.
Je suis aussi tout à fait d'accord avec vous, c'est très bien pensé.
D'ailleurs, j'ai écouté Taylor à TLMEP. Je trouve qu'il s'est assez enfoncé et ne m'a pas convaincu du tout. Celle qui m'a épaté fut Pauline Marois. Elle a tout à fait gagné le débat avec Taylor... Ce qu'elle a dit était direct dans le mil, sans fioriture ni cassette politique pour une fois. Je sentais que c'était ses propres convictions à elle autant que la ligne du parti. J'ai adoré les échanges entre les 2.
Mais Taylor, a échoué à défendre l'indéfendable. Son discours était de toute façon beaucoup trop hermétique à la limite de l'hérétique je dirais même...
Cette fois-ci, même si je ne suis plus péquiste depuis longtemps, Pauline était celle qui faisait le plus de sens et qui s'est tenu debout. Ce soir, elle faisait chef d'état. Ce soir elle a gagné le débat contre Taylor et relégué les 2 Bouchard dans leur trou...
J'espère M. Larose que vous continuerai de répandre votre idée ici émise, c'est vraiment enfin un élément nouveau qui risque de faire bien du sens et d'une fois pour toute enterré les arguments imbéciles qu'on arrête plus d'entendre concernant les accommodements et toutes les inepties entourant la laïcité... comme s'il y avait plusieurs niveau de laïcité! Voyons donc! Taylor qui essayait de nous faire croire que la laïcité n'était pas d'enlever les signes visibles... et que NOUS devons enlever nos signes mais les autres pas? Trop ridicule!
J'étais tanné d'en entendre parler des accommodements... mais finalement, ce soir, j'espère qu'enfin on va avoir le vrai débat, que ça va repartir, qu'on règle enfin cette question! On en aura au moins une question de réglée au Québec... un début!
Taylor n'a pas réussi à me convaincre non plus concernant le chamboulement de tout notre calendrier scolaire à nous, pour quelques écoles juives! Surtout quand on pense que rien n'empêche ses écoles de se conformer la semaine et d'enseigner leur religion la fin de semaine! C'était à eux de s'accommoder cette fois... pas à nous. On a oublié le "raisonnable" qui allait avec accommodement. tout ce chamboulement était pour les autoriser à enseigner la religion la semaine et les cours du ministère la fin de semaine? Heille!
Bien que la question « Si la neutralité de l'État à l'égard des convictions politiques tombe sous le sens, pourquoi à l'égard des convictions religieuses il en serait-il autrement? » soit tout à fait légitime, dans la réalité, malheureusement, ça se passe autrement.
Quiconque se souvient du mini-scandal, causé en 2005, lorsqu'on nous a appris que le gouvernement libéral subventionnait à 100 % les écoles privées juives ; suivie de la découverte de contributions généreuses de la part de la communauté juive à la caisse électorale libérale. Le Premier minus en personne s'était alors présenté sur la place publique pour mentir à la population en disant que ce n'était pas à cause des contributions à la caisse qu'une si généreuse subvention était octroyée aux écoles juives. Est-ce cela qu'on veut dire par « prendre les gens pour des cons » en langage politique ?
Les corrompus à l'os libéraux ont appris de leur erreur cependant et ont tenté en douce, dans le but d'attirer le moins possible l'attention du public, de faire des changements au calendrier scolaire visant à donner satisfaction aux écoles privées juives. Encore une fois, il est fascinant de constater que la population du Québec ne réagit pas outre mesure à cette accommodement déraisonnable. Pourquoi ?
Serait-il erronné de penser que l'argent est le nœud de toute cette histoire d'accommodement ?
Encore un débat pour intellos de l'UQAM.
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Il sera toujours étonnant de voir toute la volonté qu'un petit groupe de gens issu d'une majorité mettent à vouloir réduire les droits et libertés des minorités.L'intolérance culturelle de fond de poubelle.
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La burqa, les juifs, les musulmans,les riches, les entrepreneurs, que de sujets croustillants pour l'aristocratie séparatiste. La croissance sur le dos des faibles. Et ce débat est mené sur Branchez-vous par un théologien, devenu syndicaliste , a qui on a appris: " Paix sur Terre aux hommes de bonne volonté".
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"La cheffe croit que le crucifix à l'Assemblée nationale fait partie de notre patrimoine mais se dit contre le port du voile chez les employées d'institutions publiques, qui représente égalemement, selon elle, la domination des femmes. "
Laissez-moi rire! Quand c'est nous, il s'agit de patrimoine, quand c'est les autres par contre....
J'embarque pas.
Moi, ce qui m'énerve, c'est toute l'amplitude du débat sur des situations ou événements qui n'intéresse personne.
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Qui a déjà vu une femme en burqa dans un service public ? Qui va à l'école privée juive le samedi ?
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Dans les années 60, on a inventé le faux problème de l'acharnement fédéral sur les droits des Québécois pour pouvoir s'en séparer. Ç’a n'a pas marché et ceci a divisé le Québec par une génération de querelle insipide. Que fait-on maintenant ? Eh oui, on invente un faux problème culturel pour le corriger en restreignant les droits des minorités.
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Qu'on se le dise, pour l'aristocratie séparatiste, il n'y a de bons Québécois que l'unilingue francophone, le syndicaliste, le socialiste et l'alarmentaliste.
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Tout à fait d'accord avec Monsieur Larose. Dans la rue, à la caisse populaire, on s'habille comme on veut. Comme fonctionnaires, non. Je suis également contre les larges décolletés chez les fonctionnaires. Aux magasins, dans la rue, au IGA, que les femmes s'habillent comme elles le veulent.
C'est tellement simple à régler les problème des accommodement, ZÉRO ACCOMMODEMENTS, point à la ligne.
Comme c'est parti, dans 20 ans, on va être dans la marde comme plusieurs pays d'Europe.
La tergiversation, ne mène à rien de bon.
"La cheffe croit que le crucifix à l'Assemblée nationale fait partie de notre patrimoine mais se dit contre le port du voile chez les employées d'institutions publiques, qui représente égalemement, selon elle, la domination des femmes. "
Et elle a 100% raison. Bravo Pauline !
J'ai moi aussi écouté Charles Taylor à l'émission «T.L.M.E.P.» et il m'a encore une fois fait bondir, en comparant une revendication d'un handicapé à celle d'une revendication religieuse, ce qui est de sa part d'une indécence inacceptable.
Je croyais, qu'après avoir été remis à l'ordre durant la commission qu'il a coprésidé, sur cette comparaison qui ne tient pas au raisonnement.
La revendication de l'handicapé n'est pas un accommodement mais bien une OBLIGATION que l'on lui doit car il ne peut pas volontairement changer son état d'handicapé. Contrairement à une revendication religieuse dont l'état peut volontairement être changée.
Ce n'est pas à l'état politique que revient le FARDEAU de l'accommodement religieux mais bien à l'instanse religieuse à qui revient ce FARDEAU dans une laïcité québécoise. Pour ce qui est de l'accommodement ( obligation ) à l'handicapé, c'est à l'état politique que revient le FARDEAU.
Pour ce qui est du crucifix, que l'on décroche au P.C. ce symbole ostentatoire religieux de nos institutions publiques. Sa place est dans un lieu de culte comme tous les autres symboles religieux ostentatoires.
Patriote
Quand Boisclair avait proposé d'enlever ce crucifix pour le mettre dans un musée,la place où il doit être si c'est du "patrimoine" on l'a fait réentrer dans les rangs assez rapidement merci...il a du quasiment s'excuser....
Madame NL sur ce point vous avez raisons. De plus Boisclair disait que les médias avait tendance à monté en épingle des incidents malheureux.
Madame NL,
Je ne savais pas, si je me fie à votre affirmation, que l'intention d'André Boisclair, dans son projet de décrocher le crucifix de l'Assemblé Nationnale, était de le relayer dans un musée.
Pour ma part comme non-croyant et évolutionniste, j'ai le plus grand respect pour les croyants et créationnistes. Je réitère cependant que le crucifix doit retourner dans un lieu de culte et non dans un musée.
André Boisclair n'a pas réussi à défendre ses convictions en abdiquant.
Tant qu'à Pauline Marois, elle devra avoir une certaine constance dans son discourt sur la laïcité dans une identité québécoise, en s'entêtant à garder son crucifix dans l'espace publique.
En tant que raëlien je suis en faveur des accommodements raisonnables. À l'avenir quand j'irai au comptoir de la SAAQ j'exige d'être servi par une jeune femme de 16 ans aux seins nus...
J'appuie la motion de MichelG !
@ Michel G et Guy,
Susciteurs de zizanie !
Raisonnement logique qui démontre qu'il est innutile de chercher à faire élire un parti souverainiste s'il ne promet pas un référendum au courant de son mandat, car il ne peut gouverner selon son opinion politique, tandis qu'un parti fédéraliste n'a pas besoin d'opinion puisque l'État québécois est soumis de-facto et juridiquement au fédéral.
Vous ne croyez tout de même pas que l'Islam fait partie du patrimoine culturel des Québécois !
Vous nous direz demain que la corrida fait partie du patrimoine culturel des Japonais parce que des espagnols habitent le Japon ?!
Gerber
Si tu veux discuter, tu le fais comme du monde sans virer mon propos cul par dessus tête....
Mon point est très clair...tous les gnoufs peuvent comprendre. Quand tu parles d'enlever des droits aux autres religions et que tu t'aggripes à ton crucifix, ça part de travers...
Si Marois pense qu'elle peut se payer ce luxe, qu'elle le fasse, on verra bien ou tout cela va l'emmener....
Semaine nationale d’intervention de nos bouffons de la rectitude politique.
Bouchard dans sa grande sagesse vient nous apprendre ce que nous savons tous, que nous avons de sérieux problèmes en économie, en santé et en éducation. Bravo M Bouchard, on ne le savait pas!!! Puis, ce fédéraliste conservateur pseudo souverainiste, nous suggère lucidement d’oublier la souveraineté et de ne pas perdre notre temps avec la question identitaire québécoise.
Du coup on nous ramène le chevalier sans peur et sans reproche des accommodements déraisonnable, le sire Lancelot du multiculturalisme, autre bouffon de la rectitude politique et grand ami du frère de l’autre, M Taylor! Le trium verrat quoi!
J’avoue que c’est une bonne chose de laisser ces gens s’exprimer publiquement, ils nous permettent d’observer la profondeur de leur imbécillité. Particulièrement quand ils se présentent à un dîner de con. Car dimanche soir, il y’a bien eu un dîner de con.
Personnellement, quand je veux assister à un bon spectacle de bouffons, je m’achète des billets pour le cirque du soleil.
.....à un petit détail près Jean, pas une jeune fille de 16 ans, mais une femme dans la vingtaine !
Faut être réaliste quand même. :o)
Je suis d'accord,on ne doit pas afficher de convictions politiques ni religieuses dans les postes de travail. C'est le temps des clowns qui veulent encore nous dicter comment penser.
Charles Taylor et compagnies peuvent aller se rhabiller leurs marchandises ne nous intéressent pas.
Bien dit dan.
Je suis entièrement d'accord avec vous sur ce point. Le gouvernement, peu importe qui est au pouvoir, a la responsabilité de donner l'exemple quand vient le temps de promouvoir la laïcité au Québec.
Si nous ne voulons pas inciter les revendications d'accommodements religieux, peu importe la culture, nous devons exiger que le gouvernement ait suffisemment de courage pour mettre de côté la tradition afin d'afficher une neutralité étant au-dessus de tout soupçon.
De toute évidence, le crucifix est un accessoire dont l'interprétation ne peut être que religieuse. Sa place donc n'est plus dans la Chambre des communes.
Pas demain la veille que le gouvernement du Québec va interdire le crucifix à la Chambre des communes, c'est à Ottawa. Parfois, il faut prendre le temps de réfléchir avant d'écrire...
« Parfois, il faut prendre le temps de réfléchir avant d'écrire... » voilà un conseil que vous-même pourriez suivre.
Il est vrai néanmoins que j'ai fait un lapsus en utilisant l'expression Chambre des communes plutôt qu'Assemblée national. Serait-ce parce que je vois déjà le Québec comme étant un pays à part entière, libéré du Cadenas ? Voilà qui mérite réflexion, ou mieux encore méditation !
Il est évident que, dans un Québec indépendant, l'Assemblée nationale va devenir le Salon de la race.
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J'imagine déjà les soupes populaires devant l'Hôtel de Ville de Westmount où un troupeau de Canadiens-français en guenilles se mettrait à genoux pour réclamer le pardon de deux générations de démesures d'intolérance culturelle...
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Quand tu prêche la haine...
"l est évident que, dans un Québec indépendant, l'Assemblée nationale va devenir le Salon de la race."
...Et la tienne va être éradiqué. J'espère de tout mon être que tu es stérile et n'avoir jamais avoir affaire dans le réel a quelqu'un de ton espèce!
M Tremblay, la culture, c'est bien meilleur quand c'est organique. Vous penserez à ça en allant voir votre prochain match de baseball au Japon.
Voici un extrait de http://wp.me/pKNRM-52
«On va perdre notre culture», disent certains qui ne voient pas que la culture, c'est bien meilleur quand c'est organique. «Ils ne s'adaptent pas à nos valeurs», disent les autres qui ne s'aperçoivent pas que les filles et fils de ces immigrants n'auront rien à cirer des valeurs de leurs grands-parents une fois gradués du secondaire. «Ils nous volent nos emplois», critiquent les bedonnants sans être capables de comprendre qu'une économie fonctionne à son meilleur quand tout le monde travaille et que l'argent circule.
Torrieu de Batinsse, c'est pas parce que vous avez rejetté la culture de votre famille et l'héritage vos ancêtres que les immigrants vont en faire autant. S'ils le faisaient, le Canada n'aurait pas besoin d'une charte multiculturaliste pas plus que des accommodements aux communautés.
Je doute que beaucoup de Québécois vous suivent dans votre reniement de vous-même.
M. Tremblay, elle est là l'erreur que tout le monde fait. Il est faux de penser que pour accepter les autres cultures, il faut rejeter son héritage. Je n'ai rien rejeté du tout, au contraire, je m'affiche partout où je vais comme un bon québécois, exportant ma culture et contribuant un temps soit peu à son essor dans le monde. Les immigrants en font autant: ils ne rejettent rien. La magie dans tout ça c'est qu'on se retrouve à quelque part au milieu et une nouvelle culture nait de façon tout à fait spontanée, organique. Je ne vois pas ce que vous trouvez de si effrayant là -dedans. Il me semble que si on arrêtait d'avoir peur de perdre notre culture, on relaxerait un peu et celle-ci s'en trouverait plus forte.
Vous pensez que je suis en minorité de penser comme ça? Difficile à dire, je n'ai pas encore vu de chiffres à ce sujet.
Si tu t'habilles pas comme tout le monde, tu portes un uniforme. Si tu portes un uniformes, tu es un soldat et tu montres clairement que tu es en guerre. Macaron politique, burka, patch des Hell's, boudins, toute la même affaire.
Je connais l'effet par expérience, je portais la barbe, les cheveux longs, la chemise carottée et les bottes Kodiak à l'époque ou c'était le symbole des ennemis de la société. Oui, j'ai connu la haine que les symboles ostensibles font émerger et j'ai compris que c'était normal parce que mon accoutrement disait:"Je vous hait, je vous méprise." Peut-être que dans mille ans le monde vont avoir assez évolué pour passer par là -dessus.
Gérald Larose vous visez juste …
très très juste.
On dirait un champion de Biathlon.
Toutefois en relisant la clause 10 de la
charte plusieurs fois je me pose encore
les deux questions suivante :
Est-ce qu’un agnostique est protégé par la
charte ?
Est-ce qu’un athée est protégé par la charte ?
L’absence de religion ou de quelque croyance
que ce soit ne me semble pas couvert par la clause 10 de la charte.
Est-ce que je suis dans le champ ?
Guy LeVasseur
Rimouski
Combien de quebecois savent qu'en Turquie, pays dont la quasi totalité de la population est musulmane, le voile n'est pas permit à l'école?
Si la population musulmane de Turquie est en mesure de suivre de simples reglements pourquoi serait-ce si compliqué ici? La bas si quelqu'un dit je veux porter le voile on dit "non" c'est tout, pas d'accomodement le reglement c'est le reglement, tout comme si une écolière ici demande de porter un deguisement de 'Soeur Volante' parce qu'elle est chrétienne on dit simplement "non".
Les accomodements même bien intentionnés nourissent les attentes d'exceptions et normalise le contournement des reglements qui vient a etre percu comme etant ce qui s'appliquent qu'à ceux qui ne s'applique pas a les contourner.
La liberté de religion et la liberté de convictions politiques ne s'appliquent pas de la même manière pour de bonnes raisons.
Voici un extrait du rapport Bouchard-Taylor (p.144) qui éclaire la réalité psychologique d'une conviction religieuse:
"La liberté que nous devons nous assurer mutuellement dans une société démocratique n’est pas uniquement celle, d’une valeur inestimable, d’abandonner ou de modifier nos convictions profondes, mais aussi celle de pouvoir vivre ces convictions sans entraves indues, pour autant que l’on n’empiète pas sur la liberté des autres et que l’on ne contrecarre pas la bonne marche des institutions communes.
Plus fondamentalement, il importe de souligner que ce ne sont pas les convictions religieuses en elles-mêmes qui jouissent d’un statut particulier dans les démocraties libérales, mais bien l’ensemble des convictions profondes ou des convictions de conscience qui permettent aux individus de structurer leur identité morale. Pensons à l’exemption du service militaire ou du port des armes en vertu de l’objection de conscience. Un pacifiste pour qui le refus de recourir à la violence est intimement lié à son intégrité morale pourra, en période de conscription, se prévaloir du statut d’objecteur de conscience et être ainsi dispensé du port des armes, moyennant le devoir de rendre d’autres services à la société. Retenons ici que la liberté de religion est un aspect de la liberté de conscience, l’une des libertés fondamentales que les régimes libéraux cherchent à protéger.
C’est pourquoi le choix d’une jeune musulmane de porter le foulard à l’école ne peut être mis sur le même pied que celui de son camarade de porter une casquette. Dans le premier cas, la jeune fille se sent soumise à une obligation – déroger à cette pratique serait aller à l’encontre de ce qui la définit, elle se trahirait elle-même, son sentiment d’intégrité serait atteint. C’est ce que l’on essaie de traduire par la notion d’« intégrité morale »."
L'expérience nous démontre en effet que certaines personnes ont une croyance sincère que leur intégrité morale serait compromise si elles ne portaient pas leur foulard en tout temps. Je peux avoir une conviction forte en faveur du NPD, mais mon intégrité morale ne sera pas touchée de la même manière si je ne porte pas *en tout temps* une épinglette NPD. Il ne peut pas être exclu en principe qu'une personne ait un système moral, équivalent en nature à une croyance religieuse, prescrivant en tout temps le port d'une épinglette NPD, mais ça ne s'est quand même jamais vu. Dans la pratique, on soupçonnerait une personne affirmant cela d'être de mauvaise foi.
L'article 10 de la charte cité ici n'est pas celui garantissant la liberté de conscience (l'article 3), mais garantit plutôt l'égalité devant la loi. C'est donc l'article 10 qui empêche l'État, en embauchant les fonctionnaires, de pratiquer une discrimination fondée sur la religion ou les convictions politiques. Or, on ne discrimine pas un fonctionnaire partisan du NPD en lui demandant d'enlever son épinglette, alors qu'on discrimine en effet une femme portant le foulard en l'obligeant à le retirer, car dans le fond elle ne peut pas le faire, puisque, pour reprendre l'expression de Bouchard et Taylor, "elle se trahirait elle-même" en le faisant.
Un argument meilleur, par rapport à l'épinglette, serait d'invoquer l'article 3:
"Toute personne est titulaire des libertés fondamentales telles la liberté de conscience, la liberté de religion, la liberté d'opinion, la liberté d'expression, la liberté de réunion pacifique et la liberté d'association."
Mais une loi interdisant le port d'insignes politiques au travail par les fonctionnaires peut être justifiée par un recours à l'article 9.1 de la Charte:
"Les libertés et droits fondamentaux s'exercent dans le respect des valeurs démocratiques, de l'ordre public et du bien-être général des citoyens du Québec.
La loi peut, à cet égard, en fixer la portée et en aménager l'exercice."
En effet, l'obligation de neutralité politique de l'État est une modalité importante de nos valeurs démocratiques (entre autres), et la liberté d'expression du fonctionnaire n'est limitée que partiellement, car il pourra s'exprimer en temps et lieu.
Certains diront que c'est aussi l'obligation de neutralité de l'État qui justifie qu'on interdise les insignes religieux aux fonctionnaires (c'est la position de Bouchard-Taylor concernant les fonctionnaires ayant un pouvoir de coercition, par exemple les juges et les policiers). Mais ici, contrairement au cas de l'épinglette NPD, il peut s'agir pour certaines personnes d'une exclusion totale du fonctionnariat, car la prescription vestimentaire dont il est question s'exerce dans certains cas en tout temps.
On peut aussi s'interroger sur la réaction d'un citoyen usager face à nos deux fonctionnaires hypothétiques.
Face a Monsieur NPD, je me dis que c'est un partisan du NPD, ce qui n'exclut absolument pas qu'il puisse exercer ses fonctions de manière neutre. Mais en plus, il a fait le choix de porter une épinglette NPD au travail. Là je peux peut-être me poser des questions.
Face à Mme Foulard, qu'est-ce que je me dis? Que c'est une musulmane (qui adhère à un courant de l'Islam prescrivant le port du foulard). Là encore, je n'en déduis pas plus que si j'ai affaire à un fonctionnaire que je sais être catholique (car je l'ai vu aller à l'église), dont il se trouve par hasard que la religion ne comporte pas de prescriptions vestimentaires. Ou encore un fonctionnaire à nom de famille espagnol, français ou juif. Je ne soupçonne pas plus les musulmanes de manquer de neutralité dans l'exercice de leurs fonctions que je ne soupçonnerais les Franco-Québécois de le faire (à l'encontre d'anglophones), ou encore les Anglo-Québécois (à l'encontre de francophones).
C'est une condition nécessaire pour la paix sociale qu'on laisse à chacun un espace de liberté personnelle, incluant la liberté de religion. Respecter les autres, c'est ne pas tirer de conclusions sur leur professionnalisme sur la base de leur religion. Il y a une réalité à laquelle on n'échappera pas, à savoir que certaines religions ont des prescriptions vestimentaires. Cela ne rend pas leurs pratiquants moins aptes à êtres fonctionnaires que ceux de n'importe quelle autre religion. Ne pas accepter cette conclusion risque d'enfreindre sérieusement le principe d'égalité devant la loi et d'empêcher notre État d'être représentatif de tous ses citoyens.